365X Hier – Le 14 janvier 2004

by Werner Moron

Hier, je suis allé à une journée de formation.

Il y a des situations où on ne comprend tellement pas ce dont il s’agit qu’on ne sait même pas formuler le début d’une petite question.

Nous devenons, les uns pour les autres, des aveugles, des illettrés, des fonctionnaires, des anges posés sur notre propre zone d’intérêt.

Où est le dénominateur commun, la place du village ?

Huxley disait que nous allions vers une dictature terrible, mais dans la douceur.

 

Et nous on se dit que c’est foutu.

Ils nous habillent comme des machines et ils s’occupent de tout.

« Vous allez fonctionner,

On réglera tout,

Les doutes, les pannes, on gérera,

Les rêves seront fournis, les aspirations aussi,

L’âme est un supplément qui sera pris en charge par l’organisation.

Laissez-vous faire, méfiez-vous, c’est tout.

Méfiez-vous de tout ce qui n’est pas nous.

Méfiez-vous de tout. »

Se méfier de tout, voilà le commun dénominateur.

Ne plus poser de questions. Laisser faire les experts.

 

A)       Ne pas poser de questions parce qu’on n’est pas en position de force.

B)            Ne pas poser de questions parce que pour vous, pour l’instant, la situation n’est pas mauvaise ou parce que la structure vous a valorisé et vous a donc isolé des autres.

C)      Ne pas poser de questions parce que personne autour de vous n’en pose.

D)            Ne pas poser de question parce que de toute façon, vous ne jouez plus, vous ne tournez plus avec nous.

 

Attention : être, simplement,

« Etre » est devenu incompréhensible.

 

Il faut pouvoir se situer par rapport aux barèmes, aux conventions.

Il faut rentrer dans la cage rassurante des grilles.

 

A l’heure actuelle, on nous demande, on demande aux victimes, de s’appliquer soi-même le suppositoire au cyanure.

Les bourreaux sont en chômage technique, nous sommes entrés de plain-pied dans la dictature des consentants.

 

Attaquons la spirale de chrome à coups de confidences. Prenons, reprenons notre retard.

Asseyons-nous devant la machine, regardons-la fonctionner sans nous et créons la fabrique de grains de sable.

Demandez aux enfants.

 

 

Lu à Glain, 9 h 27