Lettre ouverte aux fenêtres : le questionnement d’une cheville ouvrière

by Werner Moron

 

Dans le monde du travail, suis-je concerné par l’outil ?

Dans le monde du travail, suis-je concerné par l’outil que j’utilise ?

Jusqu’où ?

Jusqu’où suis-je un outil consentant de l’outil qui m’emploie ?

Qui est le chef de l’outil ?

Qui est le chef de l’outil qui m’emploie ?

Comment dirige-t-il ?

Avec quelle idée ? Avec quel outil ?

Comment puis-je me situer par rapport aux orientations de l’outil qui m’emploie ?

Comment l’outil qui m’emploie se nomme-t-il ?

A partir de quelle histoire ? Avec qui ? Et pour quelle raison se nomme t-on ?

A partir de quelle histoire et avec qui et pour quelle raison maintient t-on ou détruit t-on un outil ?

Avec quel agenda ?

Un agenda par défaut ?

Ou un agenda de ici et maintenant où l’on se rencontre

Où se rencontre t-on ?

En vue de quelles perspectives ?

En vue de quelles perspectives d’avenir, d’ambition, d’excellence et d’efficacité ?

Pour ma part, je suis travailleur, ouvrier spécialisé dans la médiation, l’organisation d’événements de longue haleine produisant un art de l’alliage entre les antagonismes.

Pour faire un bon alliage et cela où que l’on soit, j’ai l’impression qu’il faut avoir l’audace de se poser toutes les questions qui éclosent, se les poser à soi-même et puis à un certain nombre de protagonistes liés de près ou de loin à ce qui touche l’outil qui nous préoccupe.

Première question qui me vient : qui sommes-nous ensemble ?

La deuxième : comment paie-t-on le gaz ?

La troisième : comment se protège t-on des projections ?

Qui sommes-nous ensemble autour de cet outil ?

En un mot, qui sommes-nous dans l’organisation ?

Moi, je suis un travailleur.

Que nous faut-il pour être bon pour l’organisation qui nous emploie ?

Que doit-on savoir en tant que travailleur ?

Que dois-je savoir en tant que travailleur de l’organisation qui m’emploie ?

Comment puis-je être au plus proche de ce qui développe l’économie, le management, la réflexion, la lisibilité de l’organisation de l’outil qui m’emploie ?

Comment va-t-on au mieux utiliser pour le bien de l’organisation qui nous emploie les informations très précises qui nous viennent des différentes composantes qui prévalent à la bonne santé des outils qui nous emploient.

Dans un contexte d’argent public et de force publique, dans un contexte de crise sur quoi va t-on pouvoir s’appuyer pour prendre les décisions les plus fines et les plus ambitieuses ?

Comment ne serait-on pas tenté de réparer les fondations avec des rustines pour laisser le problème se chroniciser ?

Comment va-t-on maintenir les valeurs de l’emploi ?

Comment va t-on se débarrasser des schémas d’organisation qui ne trouvent que de la légitimité dans l’habitude ?

Comment va-t-on se débarrasser des habitudes qui nous amènent là où nous sommes ?

Que voulons-nous garder ?

De quoi voulons-nous nous débarrasser ?

Qui sait ce qu’il faut faire contre la rumeur ?

Qui suis-je pour me poser la question d’une communication consentie et construite entre toutes les parties, pour le plus vite possible mettre en avant les ambitions du projet afin de l’inscrire directement dans la clarté et la visibilité dont n’importe quel projet a besoin pour survivre à son époque.

Quelles tentatives de médiation sont mises en place entre les différentes parties antagonistes ?

Qui suis-je en tant que licencié d’une boite pendant mon préavis ?

Avec quel appétit ?

Quels sont les critères sur lesquels on s’appuie pour prendre les décisions ?

Qui va dire : ceux qui restent, ceux qui partent ?

A partir de quelle définition de la culture d’entreprise créative va t-on faire ce choix ?

Qui sont les responsables institutionnels ?

Quels sont les arbitrages à l’œuvre ?

Que dit le syndicat ? Que dit la banque ? Que disent les partis ? Que dit la justice ? Que dit l’administration ? Que dit l’Europe ? …

Où un travailleur peut-il trouver un interlocuteur qui cherche des réponses avec lui à deux questions de base :

  1. Comment va-t-on faire pour manger ?
  2. Comment agit-on ?

Que reste-t-il de valable dans toutes nos représentations et dans toutes nos stratégies pour mener à bien notre maintien en vie d’un outil avant et après le moment où :

  1. Une faillite est annoncée
  2. Une plainte est posée
  3.  Une délocalisation est lancée

Comment communique t-on les éléments qui permettraient directement d’ouvrir des opportunités sur le marché des offres des demandes que notre outil est capable de fournir ?

C’est quoi aujourd’hui un outil ?

Qui sont ceux aujourd’hui qu’il faut mettre en place pour instituer ces outils d’un nouveau genre ?

Où peut-on déposer sa contribution aux questions qui se posent ?

Si une telle boîte aux lettres existait, même si je suis absolument persuadé de ma subjectivité totale autant que celle des autres, j’organiserai malgré tout quelques arguments que je déposerai dans cette boîte en vue de les croiser avec les vôtres.

Où peut-on croiser nos argumentations, nos fulgurances ?

Une rencontre entre toutes les composantes au moins une fois dans sa vie professionnelle nous permettrait peut-être de créer ensemble les nuances qu’il nous faut trouver entre la réserve et l’expression.

On entend souvent dire soyons créatifs, on le dit souvent travaillons avec les créatifs, ce qui à l’avenir serait créatif c’est qu’on travaille avec les créatifs, c’est-à-dire les plus ouverts, les plus capables de créer un langage commun, une transformation des antagonismes en énergie, commandé par un sens des responsabilités individuelles dans sa relation avec l’outil qui l’emploie.